Article écrit le : 08 mars 2013
LE LAIT DE VACHE N’EST PAS FORCÉMENT UN AMI.
Le contresens de l’élevage intensif. La surexploitation, la surmédicalisation et une alimentation inadaptée ne sont pas les meilleurs procédés pour faire du bon lait, ni bons fromages …
En premier lieu, la consommation du lait de vache à l’âge adulte est une évidente transgression des lois physiologiques et biologiques. En effet, l’homme est le seul mammifère à consommer encore du lait à l’âge adulte. Non seulement, après avoir été sevré, il consomme du lait mais qui plus est du lait d’une autre espèce que la sienne… Cherche l’erreur !
Le lait de vache est un aliment particulièrement riche. Il est adapté au veau qui triple son poids en quelques mois. Il l’est nettement moins à l’être humain qui, lui, triple son poids en une année.
Il faut considérer que le lait est un aliment et non une boisson. Il convient donc de l’utiliser raisonnablement et après mûre réflexion.
1 Le lait est un produit riche mais d’une mauvaise richesse.
La richesse du lait de vache se caractérise par un taux protéique élevé. De plus, ses protéines ne sont pas adaptées à notre système digestif. La caséine par exemple englue le calcium le rendant nettement moins assimilable. La lysine, quant à elle, est une protéine qui favorise l’absorption des graisses. Or les graisses saturées sont présentes à 70% dans le lait de vache ce qui favorise la survenue du mauvais cholestérol accentuant les risques cardio-vasculaires.
A ces excès ajoutons les insuffisances du lait de vache en fibres et en substances bio-actives protectrices.
2 Le lait est un produit allergène.
Le lait compte aujourd’hui parmi les aliments les plus allergènes, particulièrement chez les jeunes enfants.
Les intolérances au lait de vache se manifestent par des problèmes cutanés (eczéma), des otites à répétition, des rhino-pharyngites ou des problèmes digestifs aussi nombreux qu’insidieux (flatulences, crampes intestinales, diarrhées). L’interruption de sa consommation peut favoriser un retour à la santé ou signer l’arrêt de troubles chroniques (fatigue, troubles du sommeil, spasmophilie…).
Le manque de digestibilité du lait de vache s’explique par le fait qu’à partir de l’âge de 2-3 ans, le corps humain diminue sa production de lactase, enzyme indispensable au processus de digestion du lactose ou sucre de lait. Sans lactase, le lait devient acidifiant, la digestion se bloque, fermentations et putréfactions se déclenchent. C’est la raison pour laquelle le lait est transformé en yaourt ou en fromage, formes prédigérées du lait qui permet une meilleure assimilation.
3 Le calcium, apports contre pertes.
L’idée de supprimer les produits laitiers engendre immédiatement une phobie de la carence en calcium. Ceci s’explique par le fait que le lait contient en effet une quantité non négligeable de calcium; mais surtout parce que le puissant lobby du lait, relayé par les milieux médicaux qui lui sont lié ne manquent pas de nous le rappeler régulièrement. Cependant, la principale source de calcium ne doit pas être composée que de produits laitiers. Il faudrait consommer 1 laitage à chaque repas pour absorber la dose journalière recommandée. Dans ce cas, les apports conjoints seraient beaucoup trop élevés (protéines, graisses saturées, lactose…).
Ce constat laisse à réfléchir sur le bien fondé de la nécessité de boire du lait et de consommer des produits laitiers pour apporter du calcium.
Un autre contresens. Les finlandais qui consomment beaucoup de produits laitiers sont sujets à des fractures osseuses alors que les japonais qui ont un faible apport calcique et consomment peu de produits laitiers souffrent très peu de problèmes d’ostéoporose. Leurs sources de calcium sont diversifiées et leur type d’alimentation permet de préserver leur capital.
En effet, le taux de calcium dépend de ses apports quotidiens mais aussi et surtout de son assimilation et de sa fixation sur nos os. Il dépend tout autant des fuites calciques de notre capital en calcium.
Le phénomène d’acidification du terrain facilite la déminéralisation.
Si l’acidité du sang est trop importante du fait, par exemple, d’une alimentation trop protéinée et/ou sucrée, le corps utilisera certains tampons calcique pour alcaliniser le sang. Où va-til les prendre ? Dans les réserves calciques du corps, principalement les os !
4 Les principales catégories d’aliments acides et acidifiants sont :
– les sucres rapides (sucres raffinés : sucreries, pâtisseries, viennoiseries, sodas ),
– l’excès protéique (protéines animales),
– les fruits non mûrs,
– l’excès de sel et de tout aliment raffiné (farine, céréales, pain blanc ..)
– sans oublier l’hyporespiration ou le mauvais stress à répétition.
5 Autres sources de calcium
Contrairement aux idées reçus, le lait de vache est loin de détenir le monopole en matière de calcium. Certains aliments en contiennent beaucoup plus.
– De nombreux végétaux sont source de calcium :
– tous les choux et les crucifères (cresson, brocolis, fanes de navets…),
– le pissenlit, le persil,
– les céréales et les légumineuses complètes (pois chiche, soja, haricots),
– les fruits et graines oléagineuses (amandes, noisettes, lin, sésame).
– D’autres aliments en contiennent également beaucoup :
– les sardines entières (arêtes), les moules, les huîtres et les crevettes,
– les figues fraîches, les pruneaux, les oranges
– les coquilles d’œufs,
– les algues (nori, dulse, laitue de mer..) sont aussi une source incontournable de calcium et qui plus est, elles apportent aussi des oligoéléments indispensables à la fixation du calcium ..
Crues ou cuites, les algues sont simples à utiliser en salades, dans les soupes, en paillettes ou encore sous forme de sel aux algues.
6 La vitamine D
Un élément nécessaire à la fixation du calcium est la vitamine D.
Cette vitamine est essentiellement synthétisée grâce aux rayonnements solaires. Une exposition du visage et des mains nus durant un quart d’heure à une demi heure par jour de soleil participe au processus de production de la vitamine D.
Sources alimentaires de vitamine D : les poissons gras et les jaunes d’oeufs.
Important : l’assimilation du calcium dépend avant tout d’une activité physique suffisante et d’une bonne oxygénation.
Un apport de calcium seul, sans mouvement, ni vitamine D n’a jamais reminéralisé durablement des réserves calciques déficientes.
7 Que faire ?
Il serait bon de ne pas associer la phobie de la carence calcique au fait d’une moindre consommation de produits laitiers. Si tu te libères de cette peur, tu culpabiliseras moins et il te seras plus aisé de manger moins de produits laitiers aux effets sournoisement néfastes.
Considérer les produits laitiers comme des aliments plaisir serait très bénéfique. Ils ne sont plus une habitude quotidienne mais un plaisir, un cadeau que tu t’accordes occasionnellement !
8 Que penser du yaourt ?
Il peut être utile aux intestins. Un yaourt de bonne qualité nutritive contient des lactobaciles qui sont des bactéries bienfaisantes pour le système digestif. Elles sont utiles pour avoir une bonne flore intestinale et aux défenses immunitaires.
Donc, bien lire l’étiquette pour connaître leur composition en ferments lactiques.
Des recherches on démontré l’effet bénéfique des bactéries lactiques des produits laitiers fermentés comme le yaourt et le lait caillé ou comme celles que l’on trouve dans les légumes fermentés comme la choucroute.
Les bactéries lactiques seraient anticancérigènes, particulièrement contre le développement du cancer du gros intestin.
Certains modes de fabrication détruisent malheureusement ces substances bioactives. C’est le cas des yaourts pasteurisés qui perdent leur intérêt ou du lait UHT (stérilisé à ultra haute température) qui subit une altération des protéines et une modification de la structure des graisses qui le rendent inopérant.
Les fromages, pauvres en lactose, sont mieux digérés que le lait mais leur richesse en acides gras saturés doivent inciter à modérer leur consommation.
Les fromages de chèvres et de brebis portent moins à conséquence que les produits bovins.
9 Quelles sont les autres solutions ?
Il est possible de remplacer avantageusement le lait stérilisé. Les laits végétaux (amande, soja, riz, quinoa … ) sont d’excellents substituts dans la majorité des préparations culinaires sucrées ou salées.
10 L’ostéoporose
L’ostéoporose (qui est une déminéralisation des os) n’est pas due à un apport insuffisant de calcium, mais a divers facteurs qui empêchent son assimilation ou qui facilitent son rejet.
Une alimentation riche en protéines animales augmente la quantité d’acide dans le corps.
Les os tentent alors de se protéger en évacuant le calcium, ce qui accélère et cause une perte osseuse particulièrement importante chez la femme.
L’assimilation du calcium par notre organisme dépend aussi de la quantité de phosphore présente dans l’alimentation. On estime que le rapport doit être égal.
D’autre part, la cigarette, l’alcool, le sucre blanc, la farine blanche, les céréales raffinées, et un manque de sport ou d’exercices physiques, accélèrent la déminéralisation des os.
La cortisone, les diurétiques, les laxatifs, les anti-acides, les tétracyclines (antibiotiques) … réduisent l’absorption de calcium, en augmentent le rejet, ou détruisent dans le foie la vitamine D, essentielle à l’assimilation de ce minéral.
11 Où trouver du calcium ?
Autres sources : Contrairement aux idées reçues, le lait de vache ne contient qu’ environ 120 mg de calcium pour 100 g. En comparaison, le persil, le cresson, le soja, le sésame, l’orge, les pois chiches, les noisettes, les amandes, les pistaches, les figues sèches, les crevettes, les sardines fraîches, les algues, … en contiennent souvent plus. Mais il y a aussi : les épinards, le brocolis, les choux-fleurs, le céleri en branche, les navets et certains légumes verts feuillus, haricots secs, haricots blancs, le germe de blé, la semoule, …
NOTA : Les produits laitiers sont riches en acides gras saturés qui élèvent le taux du mauvais cholestérol (LDL) , qui se dépose sur les parois des artères, favorisant l’artériosclérose et l’apparition de maladies cardio-vasculaires. On les retrouve dans les produits laitiers non écrémés, le beurre, la crème fraîche, le fromage, mais aussi les viandes, les charcuteries, le jaune d’œuf, l’huile hydrogénée, ….
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